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vendredi 27 mai 2011

Un ancêtre de Raspail ?

Lors de mes recherches pour mes articles, je suis tombé sur le portrait présumé d'un aventurier du 17e siècle : ne trouvez-pas qu'il nous rappelle quelque peu notre cher Jean Raspail en ses jeunes années ?

Pierre-Esprit Radisson et Médard Chouart des Groseilliers, aventuriers roublards

Né à Paris vers 1636, Pierre-Esprit Radisson (portrait présumé ci-contre) fut un explorateur et négociant de fourrures. En 1653, quelques mois après son arrivée en Nouvelle-France, il fut enlevé par des Iroquois avec lesquels il vécut durant deux années.
S’étant échappé, il se lia avec Médard Chouart des Groseilliers (1618-1696) avec qui il courut les bois québécois dès 1659. L’année suivante, depuis les vastes contrées voisines du Lac Michigan et du Lac Supérieur, les deux compères rapportèrent à Trois-Rivières des milliers de fourrures chargées sur plus de cent canots ! Leur butin leur fut néanmoins confisqué par le gouverneur de la Nouvelle-France, les deux associés ne possédant pas de « congés de traite ».
Tour à tour, pour les autorités du roi de France ou pour la couronne d’Angleterre, changeant de veste avec opportunisme, ils multiplièrent jusqu’aux années 1680 de nombreuses expéditions et firent plusieurs allers et retours entre l’Amérique du Nord et la vieille Europe.
Si Chouart décéda en 1696 à Trois-Rivières, Radisson se retira à Londres dès 1687 où il rédigea ses mémoires intitulées Voyages of Peter Esprit Radisson avant de mourir dans la misère en juin 1710.

samedi 19 juin 2010

Les lectures du Vice-consul : L'Ile bleue


L'Ile bleue
Robert Laffont 1988

Quatrième de couverture
Sortir de l'enfance, c'est franchir un mur. On se hisse plus ou moins adroitement. On passe la tête. On découvre un paysage différent et on saute de l'autre côté parce qu'il n'y a plus rien d'autre à faire que sauter. On se reçoit plus ou moins bien. Certains se blessent et s'en remettent mal. D'autres peuvent même en mourir, au sens propre ou au figuré. Notre histoire à nous, ce fut d'entrer dans l'adolescence en sautant en plein dans une vraie guerre. Nous nous y retrouvions tels que nous étions, mais jouant à présent pour de bon. À l'Ile Bleue. Nous : Bertrand, très fier, Maïté, très belle, nos souverains. Pierrot, Zigomar, Zazanne et le narrateur, qui pourrait être aussi l'auteur de ce livre, car il n'y a de roman que de vérité. L'Ile Bleue : notre royaume magique. Une petite île entre deux bras de rivière perdue au fond de la Touraine. Le royaume est pris dans la tourmente de juin 1940 : la défaite des armées françaises, l'invasion, la décomposition du pays, jusqu'au jour où se présente devant l'île un officier allemand de vingt ans. Les fantasmes claquent au vent. L'amour, l'honneur, l'orgueil... La tribu, le clan, le royaume... Le mystère de la vie, de la mort... L'insolence de l'âme et du cœur, le théâtre des grands sentiments... La dévotion charnelle, la beauté... Les rêves en miettes, la réalité... Ainsi nous étions, les adolescents de ce temps, de tous les temps. Ainsi voulions-nous être, ou tout au moins l'avons-nous cru. Dieu merci, jusqu'à la fin du monde, cet âge sera celui des illusions.

Extrait
« C'est le drapeau du hasard. On a pris ce qu'on a trouvé dans les vieux bouts de tissu de ma tante. Il n'y avait plus ni rouge, ni jaune, ni noir, ni orange. Je pourrais, naturellement, vous balancer des tas d'explications, de symboles. Le bleu pour le ciel et le bonheur, la conscience d'un au-delà... Le blanc pour la pureté de l'âme, le mystère de la destinée non écrite, la page blanche de l'avenir, les vertus de l'oubli... Le vert... Le vert pour quoi ? Pour l'espérance des hommes ? Pour les arbres et leurs forces vives ou pour l'eau de la rivière ? Tarte à la crème. Rien de tout cela. Ce drapeau n'a aucun sens. C'est le mien. »
Jean Raspail, L'Ile bleue, 1988

Notre avis
Peut-être le livre le plus personnel de Jean Raspail, puisant tout à la fois dans ses souvenirs et dans son riche imaginaire, consacré au passage de l'enfance à l'âge adulte accompagné de son cortège de déconvenues, de déceptions et de criantes vérités. Une très belle leçon de vie dotée d'une fin superbe !




jeudi 20 mai 2010

Les lectures du Vice-consul : Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie


Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie
Albin Michel 1981

Quatrième de couverture
Sur une modeste tombe d'un petit cimetière du Périgord, on peut lire cette épitaphe : Ci-gît Orelie-Antoine Ier, roi de Patagonie, décédé le 18 septembre 1878. La plus étrange épopée qui se puisse concevoir... Durant les vingt-huit années du règne d'Orélie-Antoine, le rêve et la réalité se confondent aux bornes extrêmes du monde, là-bas, en Patagonie, au détroit de Magellan. Qui est Antoine de Tounens, roi de Patagonie, conquérant solitaire, obscur avoué périgourdin embarqué sur les flottes de la démesure, son pavillon bleu, blanc, vert claquant aux vents du cap Horn ? Un fou ? Un naïf ? Un mythomane ? Ou plus simplement un homme digne de ce nom, porteur d'un grand destin qu'il poursuivra toute sa vie en dépit des échecs, des trahisons, des sarcasmes qui peupleront son existence... Es-tu roi de Patagonie ? Je le suis ! Il n'en démordra pas. Roi il fut, quelques jours au moins, et toute une vie. Des sujets, il en eut : Quillapan, cacique des Araucans, Calfucura, cacique des Patagons, mais aussi Verlaine, Charles Cros, le commodore Templeton, le général Chabrier, l'amiral Dumont d'Urville, l'astronome Camille Flammarion, le colonel von Pikkendorff, Véronique, reine de Patagonie, aux multiples visages, et tant d'autres, le cœur débordant d'émotion, qui se déclarèrent un jour ou l'autre, l'espace d'un instant, sujets du roi Orélie-Antoine. Car nous sommes tous des Patagons.
Cette histoire a un fondement historique vérifiable par tous, mais la passion et l'imagination de Jean Raspail l'ont élevée au rang des grandes aventures de l'esprit. En 1976, dans Le Jeu du Roi, Jean Raspail avait inventé un successeur au roi, un petit garçon de notre temps qui rêvait d'un royaume. Cette fois, c'est aux sources mêmes de cette étrange aventure qu'il plonge les racines de son nouveau roman, peut-être le plus beau, certainement le plus vrai. Car chacun peut y découvrir son propre secret.
Là-bas, en Patagonie, l'homme devient roi. Sa longue nuit s'illumine.

Extrait
« Attendre.
Toute ma vie j'ai attendu. Roi, je l'ai été. Durant de fort courtes périodes et pas toujours dans les conditions que l'on croit. Entre ces instants de royauté, je n'ai rien fait qu'attendre. Le destin d'un roi ne se force pas. Il procède à l'évidence de la dignité royale qui est un principe éminemment supérieur et indépendant des volontés humaines. Il finit par s'imposer, seul. L'attendre est déjà s'en imprégner. Et tandis que j'écris ces lignes, c'est le dernier acte que j'attends : la mort d'un roi. Sublime attente. Je le sais, Dieu me reconnaîtra.
Attendre. »
Jean Raspail, Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, 1981

Notre avis
L'incroyable histoire de Sa Majesté Orélie-Antoine Ier qui alla bien au-delà de ses rêves... Un ouvrage de référence pour tous les Patagons et ceux qui s'y reconnaîtront, un récit d'une incroyable force distingué par le prestigieux Grand Prix du Roman de l'Académie Française l'année de sa parution en 1981. La Bible patagone !



mardi 4 mai 2010

Les lectures du Vice-consul : Le Jeu du Roi


Le Jeu du Roi
Robert Laffont 1976

Quatrième de couverture
Un petit garçon rêvait d'un royaume. Un roi
réellement, légitimement roi, mais de Patagonie vivait seul, face à l'océan, dans un fort délabré de la côte du Ponant, attendant l'héritier qui recueillerait son rêve avec sa royauté. Il choisit l'enfant. Il lui fit partager les mirages de cette Terre de Feu où il n'avait peut-être jamais mis les pieds, mais qui était toute sa vie, son être même; il l'introduisit dans les mystères du royaume invisible qu'il portait en lui; il le fit roi... C'est ce petit garçon devenu adulte qui nous raconte cette histoire, au lendemain de la mort d'Antoine IV, « roi de Patagonie par la grâce de Dieu et la volonté des Indiens de l'extrême sud du continent américain. » Une histoire qui a un fondement historique vérifiable par tous, mais que la passion et l'imagination de Jean Raspail ont élevée au rang des grandes aventures de l'esprit. Tandis que le monde, notre monde, s'agite au rythme inquiétant des grandes foules contemporaines, le vieil homme et l'enfant contemplent l'horizon marin ; ils l'identifient à l'océan patagon hérissé de "furies" et aux archipels de la Terre de feu, porteurs d'un certain destin dont l'homme d'aujourd'hui a perdu les chemin. Là-bas, l'homme devient roi. Sa longue nuit s'illumine...

Extrait
« Sur un signe du roi, je me m’étais en bout de table. On se souvient des conseils muets que je tenais sous la tente avec les colonels de mon armée. Le fait qu’ils se déroulaient sans témoin les enfermait dans le domaine du rêve : si je cessais d'y penser, ils cessaient d'exister. Tandis qu'en me prenant pour témoin, le roi Antoine réussissait l’impossible : recevoir l'écho extérieur de son rêve. Qu'est-ce que c’est qu’un écho ? L'apparence d’une réalité. J’étais l’écho. Il en existait d’autres, tout un clavier dont le roi jouait. La Patagonie, le royaume, c'est cela aussi : le rêve et les échos du rêve. Un va-et-vient qui peut n'avoir jamais de fin. »
Jean Raspail, Le Jeu du Roi, 1976

Notre avis
L'un des plus touchants livres "privés" de Jean Raspail où il est question du Royaume, de la Patagonie, de la paternité et de la transmission. Un livre troublant, rare, fort subtilement inquiétant... Une histoire qui synthétise toute notre allégeance au Royaume de Patagonie pour la bonne raison qu'elle résume toute l'essence de notre enfance... À lire d'urgence si vous souhaitez devenir Patagon !



« La Patagonie, c'est ailleurs, c'est autre chose, c'est un coin d'âme caché, un coin de coeur inexprimé. Ce peut-être un rêve, un regret, un pied de nez. Ce peut être un refuge secret, une seconde patrie pour les mauvais jours, un sourire, une insolence. Un jeu aussi. Un refus de conformité. Sous le sceptre brisé de Sa Majesté, il existe mille raisons de prêter hommage, et c'est ainsi qu'il y a plus de Patagons qu'on ne croît, et tant d'autres qui s'ignorent encore. »
Jean Raspail, Consul Général de Patagonie

« Les Patagons pensent différemment, ne se soumettent pas à l'État présent, sont sujets de la plus belle des Utopies, songent, écrivent, dessinent, créent, aiment et ont des rêves élégants et différents... »
Brieg Haslé-Le Gall, Vice-consul du Royaume de Patagonie à Brest et Ponant

Lettre patente

Pour toute correspondance :
M. Brieg Haslé-Le Gall, Vice-consul du Royaume de Patagonie
Vice-consulat de Patagonie - 9, rue Pierre Puget - 29200 Brest - brieg.acbd@gmail.com
Le Vice-consul reçoit sur rendez-vous